Communiqué de vœux et de propositions aux camarades présentes aux Journées d'Eté Rouge et Noir 2024
notre Organisation ─ Alternativa Libertaria/Federazione dei Comunisti Anarchici ─ vous adresse ses salutations les plus fraternelles et ses meilleurs vœux pour les Journées d'Eté Rouge et Noir 2024.
Outre les camarades de l'UCL, nous saluons les camarades de Die Plattform et d'Embat, dont nous savons qu'ils seront présents à Bécours pour participer aux activités, aux débats et à la confrontation politique de cette semaine.
Cette année, nous ne pourrons malheureusement pas être présents à vos côtés, mais nous tenons néanmoins à vous adresser nos salutations et à vous faire part de notre brève contribution.
Tout d'abord, nous espérons que nos Organisations pourront coopérer de plus en plus étroitement et fructueusement. Nous pensons que le réseau Anarkismo doit grandir et s'améliorer, et nous sommes engagés dans la naissance, la croissance et la formalisation d'une coordination européenne réelle et efficace de nos Organisations.
En ces temps de résurgence de l'extrême droite et d'attaques de plus en plus graves de la bourgeoisie contre les droits et les conditions de vie des travailleurs et des travailleuses et contre l'environnement, il est impératif que les communistes anarchistes sachent se confronter, étudier et agir de concert et efficacement pour constituer une force révolutionnaire capable de contribuer, avec d'autres, à la résistance sociale et syndicale et aux mobilisations de masse contre la droite au pouvoir.
Les domaines de la lutte des classes, de l'intervention syndicale, de l'activisme social, écologique et antimilitariste sont d'une importance primordiale pour nous et c'est là que nous sommes le plus présents avec nos militants. C'est dans ces domaines que nous vous invitons à collaborer, en identifiant des stratégies et des tactiques d'intervention communes et incisives.
L'internationalisme et la solidarité avec les prolétaires des pays en guerre, les droits des minorités LGBTQ+, les luttes pour une école et une université laïques, libres et de masse sont d'autres axes sur lesquels nous devons travailler ensemble.
Notre Organisation est actuellement engagée, dans les localités où elle est présente avec ses militants, dans l'intervention syndicale au sein de la CGIL, le plus grand syndicat d'Italie, au sein de la minorité critique, sur des positions anti-réformistes et anti-bureaucratiques inspirées par les mots d'ordre d'unité de classe, de progression des acquis salariaux et des droits, et de transformation radicale de la société dans un sens anticapitaliste, communiste et libertaire.
Nous sommes également engagés dans le mouvement antimilitariste et anti-impérialiste, participant aux luttes pour la fermeture des bases militaires de l'OTAN en Italie, mais aussi dans le mouvement écologique et pour une consommation critique et consciente. Avec d'autres groupes libertaires, nous participons à des initiatives culturelles et à la propagande politique de nos idées communes.
Avec nos forces limitées, nous sommes toujours prêts à travailler ensemble, toujours plus unis vers la perspective d'une Organisation internationale des communistes anarchistes et libertaires qui puisse servir de référence aux nouvelles générations de militants dans les luttes présentes et futures.
Secrétariat National
Alternativa Libertaria/Federazione dei Comunisti Anarchici
Août 2024
L’Intifada depuis la France
Ce génocide se déroule sous nos yeux, tandis que les idéologues du monde colonial s’empressent de nous expliquer que la vie d’un/e Israélien/ne vaut autant que celles de centaines de Palestinien/ne/s, qu’un/e otage israélien/ne équivaut à des milliers de prisonnier/es/s palestinien/ne/s, et que 70 ans de nettoyage ethnique, 16 années de blocus militaire total sur Gaza, et les bombardements et opérations militaires constantes d’une superpuissance nucléaire ne sont rien face à une offensive à coup d’armes légères et de roquettes bricolées.
Certain/e/s anarchistes, encore pétri/e/s de l’humanisme des Lumières, pourraient être tenté/e/s d’hurler qu'on ne devrait pas soutenir cet acte et qu'on devrait condamner le Hamas et les atrocités qu’il commet ! Mais à l’attention de qui formulent-iels cette condamnation ? Les Gazaoui/e/s ne peuvent nous entendre à travers le blocus, assourdi/e/s qu’iels sont par le grondement de leurs estomacs vides, par les frappes aériennes constantes ou par les pleurs des parents sans enfants et des enfants sans parents. Et même s’iels le pouvaient ? Que leur importerait, puisqu'on ne peut leur envoyer ni cargaisons d’armes, ni nourriture, ni eau potable, ni médecins.
C’est vrai : le colonialisme produit des monstres. Cependant, si on veut vraiment condamner les monstres et leurs atrocités, pourquoi ne pas alors commencer par celles du colonisateur, car c’est bien le colonialisme qui engendre ces monstres, et les modèle à son image.
On ne peut pas se contenter de condamner. Quand les bombes pleuvent, les mots ne peuvent rien. On doit penser, on doit agir. C’est par l’action que se forgent de nouveaux liens. C’est par l’action que se concrétise la solidarité. C’est par l’action qu'on peut avoir un impact tangible sur l’occupation et faire advenir un pôle d’opposition anti-autoritaire conséquent.
Je souhaite partager humblement ces quelques mots avec les anarchistes de France, et peut-être d’Europe, pour qu’iels méditent, réfléchissent, critiquent, adaptent et agissent afin d'étendre la lutte pour la libération du peuple palestinien et s’engagent dans une forme de solidarité plus durable, plus concrète et plus menaçante.
Sensibiliser, Agiter, Attaquer – Multiplier les modes d'actions
La guerre n’est pas aussi lointaine qu’il n’y parait. Israël est précurseur dans le développement de techniques de contre-insurrection et de maintien de l’ordre qui s’exportent ensuite dans le reste du monde. Ce qu’Israël fait à la Palestine, notre police et notre gendarmerie nous le fera subir. Mais cet échange n’est pas à sens unique. D’une part, de grands groupes français et européens fournissent l’infrastructure qui contribue à l’apartheid et au génocide tandis que d’une autre, nos impôts financent le terrorisme d’État si directement que ça fait de nous, plus que de simples complices, de véritables coupables.
Si on veut considérer sérieusement la question de la solidarité, on doit abandonner notre attitude de soutien passif et faire nôtre leur lutte en s'y impliquant pleinement, avec tous les risques que ça entraîne. Je souhaiterais proposer un modèle d’analyse et d’action adapté à notre échelle géographique. Tirez de cet outil ce que vous trouvez pertinent et débarassez-vous du reste. La stratégie que je vous soumets repose sur trois piliers : Sensibiliser, Agiter, Attaquer. Ces trois aspects ne doivent pas forcément rester séparés ; la meilleure sensibilisation est parfois l’agitation et l’attaque peut contribuer à l’agitation tout autant qu’à la sensibilisation. Avec un peu de créativité, ces trois aspects peuvent être articulés de nombreuses manières fascinantes.
Il est important de noter que ces trois aspects ne sont pas les étapes distinctes d’une stratégie, mais des outils individuels qui se combinent aisément, ne doivent pas nécessairement être séparés, et gagneraient au contraire à être mobilisés simultanément. N’attendez pas pour passer à l’attaque et ne vous engluez pas dans la sensibilisation en étant persuadé/e/s qu’il faille, pour agir plus efficacement, atteindre un certain degré de quelque conscience abstraite.
Sensibilisation et Contre-Information
Je pense que de nombreux/ses anarchistes prennent pour acquis notre degré d’information sur les actualités mondiales et s’imaginent que tout/e un/e chacun/e est autant informé/e que nous. Non seulement est-ce tout bonnement faux mais ça revient à oublier que la majorité des informations auxquelles la population a accès sont soumises à des intérêts idéologiques privés (rappelons qu’en France, 90 % des médias sont détenus par de grands groupes privés dirigés par exemple par Bolloré, Niel, Lagardère…), des intérêts idéologiques étatiques, ou, plus fréquemment, à un déluge de fausses informations qui inondent les réseaux sociaux. S’il y a bien une chose sur laquelle les anarchistes ont 20 ans de retard, c’est sur la guerre de l’information, devenue pourtant un aspect incontournable de la lutte révolutionnaire.
Chaque jour, les canaux d’informations de l’ennemi débitent des absurdités, les idéologues en ligne rédigent leurs tweets et leurs petits blogs ridicules, et les officines militaires et autres agences de renseignement déploient leurs armées de bots pour inonder de conneries et polluer l’écosystème informatif. Le faux bon sens nous commanderait alors de faire la même chose, mais en mieux ! Ce serait cependant une impasse pour les anarchistes. On n'est pas là pour produire un flux constant de contenu pour un public passif, et on ne dispose pas non plus des capacités de financement pour entretenir l’infrastructure qu’exigerait un réseau national d’information en continu ou une armée de bots (quoique, pour celleux qui s’y connaissent en informatique, des armées de bots sont peut-être à notre portée, mais c’est une question qui mérite sa propre réflexion). Non, on doit être plus créatif/ve/s et favoriser les interventions visant à sensibiliser dans l’espace physique.
Ça inclut par exemple les traditionnels graffitis et collages (à faire régulièrement, environ tous les deux-trois jours, pour conserver une présence dans l’espace public, pas juste une fois de temps en temps), ou encore installer une table dans un parc, en pleine rue ou dans un autre lieu public et y disposer des zines ainsi que des tracts sur les évènements en cours et à venir pour tenter d’interpeler les passants. Sinon, on peut également passer à des modes d’action plus originaux quoique, c’est vrai, un peu plus embarrassants peut-être. Si vous voulez faire un collage, pourquoi ne pas le faire en pleine journée dans des costumes outranciers ou masqué/e/s et habillé/e/s tout en noir pour attirer ouvertement l’attention ? Pourquoi ne pas aller avec quelques ami/e/s et un mégaphone dans une zone très fréquentée (dans l’idéal en bloquant une route ou en perturbant un lieu, par exemple en tirant des feux d’artifice) pour parler de la situation ? Il peut alors être utile de distribuer des tracts aux gens ou même d'en lancer en l’air par centaines. Et pourquoi pas même du théâtre de rue ? Idéalement en perturbant autant que possible. Ou plus généralement, n’importe quoi qui sorte les gens un instant de leur routine et les interpelle.
Sinon, on peut aussi se lancer dans quelque chose d’un peu plus osé. Peut-être est-il temps que les radios pirates fassent leur grand retour ? Vous pourriez essayer de diffuser des informations sur les évènements actuels et sur où s’informer en piratant les ondes d’autres stations sur les heures de grande écoute. À l’occasion d’une manifestation massive, pourquoi ne pas scinder une partie de la manif vers une station de radio ou de télé et y forcer le passage jusqu’au plateau pour diffuser un message ? Ça peut sembler risqué et invraisemblable, mais merde, un génocide est en cours !
Cependant, la sensibilisation et la contre-information ont leurs limites. Idéalement, on devrait chercher à toucher directement la population, ou bien l’inviter à assister à une rencontre ou une assemblée offrant un point d’accroche concret. Il est essentiel de disposer de tracts avec de plus amples informations et des liens renvoyant à des sites permettant d’en apprendre plus et de se tenir au courant des prochains évènements.
Pour le dire clairement : il faut diffuser l’information et offrir un horizon tangible.
Agitation et perturbation
Mais on ne peut se contenter de sensibiliser. La liberté se conquiert, elle ne s’apprend pas, et on n’arrête pas un génocide seulement en informant de son déroulement. Il est vrai que, la plupart du temps, l’agitation et la perturbation n’y font pas grand-chose non plus mais c’est un début. Par agitation, j’entends mettre les gens en mouvement : motiver les personnes et leur donner une liste concrète de cibles et d’actions potentielles. Par perturbation, j’entends particulièrement la perturbation de la vie économique normale. C’est un élément essentiel, à la fois pour la lutte anarchiste en général, et parce que la France est si banalement et étroitement liée au financement et au soutien logistique du génocide en cours en Palestine.
Quand on se questionne sur la manière de perturber, on doit réfléchir à comment bloquer les échanges commerciaux : empêcher les transactions dans les magasins et les banques, perturber le fonctionnement quotidien des entreprises et des institutions qui soutiennent ou profitent de l’apartheid et du génocide, ou encore bloquer le transport des personnes et le fret. On doit également réfléchir à la manière de briser la routine de la normalité, le sentiment que tout va bien. Penser l’impact économique et psychologique. Toute perturbation est une opportunité de communiquer et de sensibiliser. Des banderoles et des tracts avec des mots d’ordre clairs, des slogans entraînants et de la bonne musique. Un discours peut parfois être utile pour enflammer les foules, mais attention, car il peut également rendre cette même foule passive. Voyez les choses en grand : comment pousser les gens à agir ? La clé est de propager et généraliser le conflit.
Certaines tactiques de perturbation ont fait leurs preuves depuis longtemps. Par exemple, les mobilisations visant à bloquer la circulation et les intersections, ou mieux encore, directement à l’intérieur des entreprises et des institutions pour les forcer à fermer le reste de la journée. Les grèves dans les entreprises et institutions qui soutiennent et s’enrichissent du génocide. Bloquer les autoroutes et les rues les plus empruntées peut se montrer une excellente idée, mais il est peut-être plus efficace encore d’installer une véritable barricade hérissée de drapeaux en ne laissant qu’une seule file ouverte de sorte à ralentir assez la circulation pour pouvoir distribuer des tracts aux conducteur/rice/s. Sinon, mettre en place des déviations, saboter les rails ou bloquer physiquement les trains sont autant de moyens d’entraver les transports ferroviaires afin de perturber efficacement les flux commerciaux.
Il existe encore d’autres moyens percutants, ceux-là exigeant bien plus de coordination et d’efforts, tels que les boycotts ou les blocages. On peut par exemple se rattacher à Boycott Divestment and Sanction (BDS), une campagne de boycott de longue date disposant de nombreuses ressources. Sinon, on peut tout bonnement perturber voire faire fermer continuellement les lieux ciblés par le boycott, voire voler leurs marchandises, idéalement via une action de masse, ou au moins les saboter.
Le point commun entre toutes ces initiatives est qu’elles permettent d’amener un conflit qui paraît lointain au contact direct de la population, de sorte qu’il ne soit plus possible de l’ignorer et de faire comme si de rien n’était ou comme si ça ne nous regardait pas. En outre, notre approche doit être mûrement réfléchie afin que nos actions et notre message incitent la population à s’engager par elle-même, sans attendre un jour bien précis de manifestation ou d’en recevoir l’ordre. Il nous faut constamment insister sur l’idée qu'on est toustes les protagonistes de ce conflit, qu'on ne peut pas attendre que les autres agissent à notre place, que de nombreuses cibles sont à notre portée et qu'on dispose d’un large éventail de tactiques pour s'y attaquer.
Passer à l’attaque !
Fondamentalement, être solidaire signifie attaquer ; détruire physiquement l’infrastructure oppressive et génocidaire. C’est ça qui inflige le plus de dégâts et est le plus à même d’entraver le bon fonctionnement de la machine génocidaire, mais c’est également la tactique la plus risquée. Il y a deux manières, complémentaires, d’approcher cette question : d’une part, en petits groupes, et d’autre part, avec la foule. Les actions en petits groupes ne nous sont pas inconnues puisque les anarchistes ont l’habitude de ce genre de pratiques. Du cassage de vitrine aux incendies volontaires, en passant par les effractions dans les laboratoires et les abattoirs pour en libérer les captif/ve/s ; des tactiques du même genre peuvent sans problème être appliquées dans la lutte pour la libération du peuple palestinien.
Cependant, il nous faut mûrement réfléchir à nos objectifs. Certes, un petit nombre d’entre nous pourrait aller mettre le feu à des infrastructures d’Amazon ou de Carrefour, mais le message envoyé ne serait-il pas bien plus impressionnant si on parvenait à entraîner un millier de personnes avec nous pour vandaliser et piller l’endroit ? On peut et devrait, chaque fois que c'est possible, entreprendre des actions en petits groupes, mais si on cherche à élargir le périmètre de lutte, c’est pour permettre à une masse de personnes de s’impliquer dans des actions enflammées et combattives. Or, forger des relations, organiser des actions et une communication audacieuses, et planifier méthodiquement de telles actions, tout ça est long et fastidieux.
Quelquefois, il pourrait s’agir de prévoir un détachement combattif du cortège de la prochaine manifestation, ou bien alors prendre le risque et faire l’effort de lancer nous-mêmes un appel à une action combattive de masse. Que ce soit à travers des petits groupes ou des actions de masse, toute action expose à des risques et exige des efforts immenses ; c’est néanmoins fondamentalement nécessaire pour ouvrir un nouveau front dans la lutte anticoloniale et prendre de court les colonisateurs.
Il est crucial qu'on cesse de croire à l’idée tenace qu'on ne serait pas capables d’être à l’initiative de grands soulèvements et révoltes, que notre unique rôle se cantonnerait au soutien et à l’intervention. Ce qu’il nous est possible de faire est en grande partie déterminé par l’effort et l’assiduité dont on est en mesure de faire preuve pour une cause déterminée sur une longue période. C’est là notre habituel point faible, mais on peut changer ça et, de toute façon, il faudra que ça change si on veut se montrer à la hauteur de l’immense tâche qui nous incombe au sein de la machine impérialiste.
Définir des cibles
Ce qui suit est une courte liste non exhaustive de cibles qui soutiennent, appuient et/ou profitent de l’apartheid et du génocide en cours depuis la France.
Premièrement, chaque ville de France abrite un certain nombre de personnes dans les administrations, les entreprises, les associations, les institutions, et autres, qui soutiennent l’État d’Israël et se font le relai de sa propagande. En cherchant un peu, on peut aisément les identifier et en faire des cibles prioritaires. On devrait faire de nos espaces des lieux, au moins socialement si ce n’est politiquement, hostiles aux sionistes. N’ayez nul doute qu’iels le font déjà envers celleux qui soutiennent la libération du peuple palestinien, en leur faisant par exemple perdre leur travail ou en les excluant de diverses industries et institutions.
Deuxièmement, de nombreuses institutions et entreprises européennes sont directement impliquées dans la colonisation des territoires palestiniens. Une quinzaine de banques européennes financent ainsi à hauteur de dizaines de milliards d’euros des groupes israéliens opérant dans les territoires colonisés illégalement par Israël. Des sociétés d’Europe exploitent les ressources minières de la Palestine et cherchent également à s'approprier ses ressources pétrolières sans que jamais le peuple palestinien n’en tire aucune retombée économique, tandis que d’autres vendent allègrement du matériel de gros travaux à des projets de démolition des maisons palestiniennes et de construction des infrastructures de la colonisation.
Troisièmement, plusieurs institutions financières françaises (donc davantage à notre portée) financent largement la colonisation, dont notamment AXA, BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale ou encore BPCE. Les institutions françaises sont les troisièmes d’Europe qui coopèrent le plus avec les banques israéliennes, après celles du Royaume-Uni et d'Allemagne ; sachant que l’intégralité des banques israéliennes sont impliquées de près ou de loin dans des financements d’entreprises colonisatrices. Ce n’est cependant pas une fatalité : de nombreuses institutions européennes ont déjà mis sur liste noire les banques israéliennes après des campagnes de boycott.
Quatrièmement, on ne saurait omettre le sujet du tramway de Jérusalem, construit dans le but de relier Jérusalem-Ouest aux quartiers, illégalement contrôlés par Israël, de Jérusalem-Est et aux colonies alentours. En effet, ce projet a été largement financé par AXA - et d’autres institutions françaises et allemandes - et une importante partie des travaux a été effectuée par les entreprises françaises Alstom et Egis Rail. Plus généralement, Alstom est extrêmement impliqué dans le transport et les infrastructures en Israël et dans ses colonies, ayant par exemple construit des centrales devant les alimenter en énergie, un projet estimé à plus de 300 millions d’euros.
Cinquièmement, le groupe AXA n’est pas en reste puisque l’assureur français commerce régulièrement avec l’entreprise d’armement israélienne Elbit Systems, responsable de la production de drones de combat et de phosphore blanc pour le compte de l’armée israélienne et des colons. Il y a quelques années, AXA a sournoisement feinté de se retirer de cet investissement pour en réalité y réinvestir encore plus d’argent, mais au travers de ses filiales, de sorte que le nom AXA n’y soit plus associé. Elle participe donc toujours activement au meurtre des civil/e/s palestinien/ne/s.
Sixièmement, la campagne NoTechForApartheid explique que les multinationales Google et Amazon ont signé un contrat avec Tsahal d’une valeur de plus d’un milliard d’euros pour fournir à l’armée israélienne la technologie informatique et cloud nécessaires à leurs opérations dans les territoires palestiniens. Autant leurs sièges dans la Silicon Valley nous sont trop lointains, autant leurs sièges et leurs entrepôts en France nous sont plus accessibles.
Septièmement, le géant français Carrefour a fourni bien gratuitement des rations alimentaires aux soldat israéliens qui assaillent actuellement Gaza. Le groupe dispose également de trois magasins dans des colonies illégales en Cisjordanie. C’est à ce titre que la campagne BDS le fait figurer en bonne place dans sa liste d’entreprises à boycotter.
Enfin, le gouvernement français lui-même n’est pas exempt de tout reproche. En effet, la France d’Emmanuel Macron, en s’alignant de plus en plus sur les positions américaines, a rompu ses positions historiques vis-à-vis de la Palestine et en vient à soutenir quasi inconditionnellement l’armée israélienne. En septembre dernier encore, la France organisait un exercice militaire conjoint avec Tsahal et récemment, la France a même dépêché un de ses porte-hélicoptères près des côtes de la région, officiellement pour assister les hôpitaux débordés de Gaza. D’autre part, le ministère de la Défense a signé un contrat de cinq millions d’euros avec Elbit Systems, finançant ainsi la machine de guerre colonisatrice en se servant de matériel testé sur les civils. À travers nos diverses taxes et impôts, chaque fois qu'on achète un produit, qu'on paye notre loyer ou qu'on va au travail, on finance donc la colonisation menée par l’État d’Israël. D'autres pays européens, en particulier l'Allemagne, entretiennent également des liens privilégiés autour du commerce d'armes vers et depuis Israël.
Ces cibles listées ici ne constituent que la partie émergée de l’iceberg. Il nous est nécessaire d’approfondir nos recherches pour obtenir les noms et adresses des individus, entreprises ou autres qui sont également impliqué/e/s.
Être solidaire dans la durée
Ce que j’ai écrit ici s’applique pour le court et moyen-terme, mais la solidarité est un principe qui s’affirme dans la durée et le long-terme et malheureusement, les anarchistes se sont peu illustré/e/s en ce sens. Cela peut et doit changer. On devra continuer de s'impliquer dans le combat quand on n’en entendra plus parler aux informations, et ce jusqu’à la chute d’Israël et la libération du peuple palestinien.
La solidarité entraîne risques et périls, faire nôtre leur combat implique de se mettre soi-même en danger. Nous faut-il alors aller là où pleuvent les bombes pour forger des relations personnelles avec les communautés insurgées ? Les libéraux nous tiennent ici en échec ; il nous suffit de regarder l’exemple de Rachel Corrie qui s’est rendue en territoire occupé et qui a été assassinée par l’armée israélienne quand elle s’est interposée entre un bulldozer et la maison d’une famille palestinienne qui était sur le point d’être démolie. Elle n’aurait pas dû avoir à mourir et la lutte n’a pas besoin de nouveaux/lles martyr/e/s.
Débarquer dans un contexte flou sans avoir aucune connexion nous conduira très certainement à la mort. On doit nouer en amont des relations avec des individu/e/s, des groupes et des organisations qui luttent activement sur place. Le premier pas dans cette direction est d’apprendre leur langue, qui est pour moi l’étape fondamentale à la création d’une solidarité internationale. De là, on peut nouer des liens, parfois favorisés par le biais d’ami/e/s, de réseaux, d’organisations ou d’Internet. Il nous faut ensuite monter des structures, formelles ou informelles, pour faciliter et assumer les coûts de la venue de camarades pour qu'iels puissent nous faire part de leur lutte, et pour nous permettre à nous d’aller sur place pour constater la situation, établir des connexions, nous associer à leur lutte et affronter les mêmes dangers qu’elleux.
À partir de cette base relationnelle et affinitaire, on peut alors se pencher sur des aspects plus complexes de la lutte : Comment falsifier des documents ? Comment faire passer de l’argent, des personnes, du matériel, des informations, de la nourriture et des armes ? Ces propositions peuvent nous sembler lointaines et fantasques mais elles représentaient le b.a.-ba pour nos aînés et sont ce dont a besoin l’internationalisme. Autrefois, les mouvements révolutionnaires et anticoloniaux pouvaient se reposer sur un bloc mené par une superpuissance pour leur fournir l’aide nécessaire, non sans contrepartie cependant. Nous, anarchistes, ne pourrions jamais utiliser un tel ressort, qui de toute façon n’existe même pas. Ce qu'on fait dans notre pays et ce que d’autres font dans le leur (comment on lutte, comment on noue des liens, comment on communique) doit semer les graines d’une Internationale noire, capable d’articuler l’anarchisme comme une force d’opposition mondiale en mesure de fournir une assistance matérielle aux luttes d’émancipation afin que les peuples n’aient pas à choisir entre deux ou trois tyrans différents.
Ça représente un projet à long-terme, comprenez cinq, dix, peut-être vingt ans. Mais c’est ce qu’exigent une véritable solidarité et un internationalisme antinationaliste. La tâche qui nous incombe est immense ; il nous faudra donc être à la hauteur ou sombrer à nouveau dans les bas-fonds de l’Histoire. À nous de choisir.
Résister au génocide
Ce qui se prépare n’a rien à voir avec le fait de traduire le Hamas en justice. Il s’agit de la punition collective d’un peuple entier, dominé par un système d’apartheid, que le gouvernement d’extrême droite en Israël veut voir éradiqué. L’interdiction légale du génocide érigée en 1945 sera vidée de son sens.
Les soldats enrôlés de Tsahal doivent défier leurs ordres. Ils sont envoyés pour tuer des hommes, des femmes et des enfants innocents qui ne demandent qu’à être libres et à vivre. Pour mettre fin à cette atrocité, ils doivent se mutiner. Ils doivent marcher sur Jérusalem et arrêter leur gouvernement criminel.
Les travailleurs d’Israël doivent se mettre en grève, couper les vivres à l’armée et paralyser la guerre de Netanyahou.
Les marins de la marine américaine en Méditerranée orientale doivent également défier leurs ordres. Sinon, ils seront complices de la destruction de maisons et du meurtre de familles. S’ils rentrent au port avec leur navire, ils seront accueillis comme de véritables défenseurs des droits de l’homme et de la justice.
Travailleurs des États-Unis - L’immunité d’Israël face à la justice dépend largement de l’aide et du soutien de votre gouvernement. Descendez dans la rue. Parlez-en à vos collègues et à vos syndicats. Exigez la fin de la complicité américaine dans l’apartheid et le génocide. Des actions de soutien peuvent être entreprises par les travailleurs du monde entier dans le cadre de manifestations de solidarité. Les contestations locales de la complicité de la classe dirigeante et des médias avec les crimes d’Israël peuvent commencer à faire converger la pression internationale.
Partout où un travail est effectué qui contribue à la machine de guerre israélienne, les travailleurs doivent faire grève, interrompre le commerce et mettre fin à toute activité qui aide les FDI dans leur massacre.
Nous reconnaissons qu’il est probablement trop tard pour empêcher le massacre d’Israël à Gaza. S’il est possible de l’empêcher, il faut le faire. Si l’on ne peut pas l’empêcher, il faut y mettre un terme dès que possible. Une fois que les travailleurs du monde entier auront empêché le génocide planifié, nous pourrons aborder la question de la paix et de la justice pour tous.
« PLUS JAMAIS » SIGNIFIE PLUS JAMAIS - POUR PERSONNE
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Taller de Estudios Anarquistas: La experiencia de los paros nacionales en Colombia
La experiencia de los paros nacionales en Colombia
Del 14 de septiembre al 5 de octubre
Jueves 600 pm
La Redada Miscelánea Cultural (Calle 17 #2-51)
Bogotá
Primera sesión: Introducción y primeras experiencias (1944-1957) 14 de septiembre
Segunda sesión: Auge y crisis (1963-1990) 28 de septiembre
Tercera sesión: Recomposición y estallido (1999-2021) 5 de octubre
Entrada libre
Grupo Libertario Vía Libre
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Soutenir l’exil des anarchistes soudanais·es
Nous sommes entré·es en contact avec un groupe d'anarchistes soudanais·es en février 2022, au cœur de l’agitation révolutionnaire qui secouait le pays depuis 2018. En dépit des barrières de la langue, nous avons appris à leur côté à mieux comprendre cette révolution et les comités de résistance qui en constituaient le cœur battant. Ce groupe, constitué majoritairement de jeunes étudiant·es, a même fait des émules puisqu’un groupe anarchiste a vu le jour dans le nord du pays.
Comme plusieurs pays lors du « printemps arabe » de 2011, le Soudan a sombré en avril de cette année dans la guerre civile. Le général Hemetti, commandant de la milice des « Forces de Soutien Rapide », est entré en rébellion et s’affronte à l’armée nationale soudanaise. Les forces progressistes et révolutionnaires du pays ont unanimement refusé de soutenir un camp contre l’autre et se trouvent donc prises dans l’étau entre ces deux factions réactionnaires militarisées. Près de 5000 personnes sont mortes dans ce conflit inutile. Deux millions et demi de personnes ont été forcées de quitter leur maison, dont 500 000 ont fui le pays. Les pillages et les viols s’intensifient et font partie de l’arsenal des armes de guerre utilisées contre les civils.
Nos camarades libertaires sont toujours au Soudan et espéraient pouvoir y continuer clandestinement leurs activités d’agitation. Nous avons fourni de l’aide financière avant la guerre et même au début. Mais la situation est devenue intenable et ne permet plus de mener aucune activité sociale ou politique. Certains membres du groupe ont décidé de quitter le pays au plus vite après la mise à sac de leur maison par les FSR. D'autres ont fait le choix de rester pour le moment et nous essayons de les aider également.
En lien avec des camarades implantés dans cette région du monde, nous travaillons à fournir à toutes et tous les meilleures conditions de survie possibles dans ce contexte. Pour celles et ceux qui restent, il faut les aider à subvenir à leurs besoins et mettre de l'argent de côté en cas de besoin pour un départ en urgence. Pour celles et ceux qui partent en exil dès maintenant, il faut les exfiltrer du pays en leur évitant au maximum les dangers que ce type de voyage sans retour comporte et leur permettre de continuer à militer auprès des soudanais·es en exil et des classes exploité·es de leur pays d’accueil. La région est toutefois très instable (guerres civiles, coups d’Etat et autres régimes autoritaires) et il n’est pour l’instant pas possible de sortir du pays.
Pour cela, nous avons besoin d’argent et les seuls fonds de solidarité de nos organisations ne peuvent y suffire. Nous vous présentons ici les dépenses estimées (exprimées en dollars US) :
- Visas : 400$
- Voyages : 800$ (chiffrage incertain car frais très instables)
- Premier loyer dans le pays d’accueil : 200$
- Nourriture pour un mois dans le pays d’accueil : 300$
- Frais (hébergement, nourriture, Internet) pour le temps d’attente au Soudan : 1000$
Minimum : 2700$
Ce budget prévisionnel reste instable dans un contexte économique et sécurité qui évolue extrêmement vite. Il ne couvre que les dépenses a minima, pour un mois. Mais la situation est telle que nos camarades ne pourront pas subvenir à leurs besoins en un mois seulement. Nous aurons vraisemblablement besoin de beaucoup plus d’argent au final. Toute somme versée, y compris au-delà de cette somme minimale, sera utilisée pour assurer le quotidien des camarades le temps qu’ils puissent subvenir à leurs besoins par leurs propres moyens.
L'argent est collecté par l'association de solidarité internationale de nos camarades en Suisse. L'idéal est d'envoyer l'argent directement dessus (virement SEPA depuis la France, la Suisse ou la Belgique = aucun frais bancaire), en précisant "Solidarité Soudan" dans l'objet de votre opération bancaire. Voilà les coordonnées :
Association pour la Promotion de la Solidarité Internationale (APSI)
Place Chauderon 5
1003 Lausanne
Switzerland
IBAN: CH84 0900 0000 1469 7613 8
SWIFT/BIC: POFICHBEXXX
Name of the Bank: PostFinance SA; Mingerstrasse 20; 3030 Bern; Switzerland
Il est aussi possible de payer via Paypal en cliquant sur ce lien : https://www.paypal.com/donate/?hosted_button_id=AEFSQKQKKPQX2
Et avec TWINT(seulement en Suisse):
Signataires :
☆Coordenação Anarquista Brasileira (CAB) – Brésil
☆Organisation Socialiste Libertaire (OSL) – Suisse
☆Federación Anarquista Uruguaya (FAU) – Uruguay
☆Embat, Organització Llibertària de Catalunya – Catalogne
☆Federación Anarquista Santiago (FAS) – Chili
☆Karala – Turquie
☆Black Rose Anarchist Federation / Federación Anarquista Rosa Negra (BRRN) – Etats-Unis
☆Libertäre Aktion (LA) – Suisse
☆Union Communiste Libertaire (UCL) – France
☆Grupo Libertario Vía Libre – Colombie
☆Die Plattform – Allemagne
☆Roja y Negra Organización Politíca Anarquista – Argentine
☆Anarchist Communist Group (ACG) – Grande-Bretagne
☆Tekoşîna Anarşîst (TA) – Rojava / Nord & Est de la Syrie
☆Anarchist Yondae – Corée du Sud
☆Alternativa Libertaria (AL/FdCA) – Italie
☆Aotearoa Workers Solidarity Movement (AWSM) – Aotearoa / Nouvelle-Zélande
Appel anarchiste de solidarité internationale avec nos camarades soudanais en exil

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